Fashion

Baddie Winkle, la star du Web américain ?

Sur Instagram, instagramelle a 1,9 millions d’abonnés. Bien plus que la jeune chanteuse Louane ou que l’actrice oscarisée Marion Cotillard. Elle parade dans des tenues courtes et colorées qu’une adolescente de plus de 15 ans oserait à peine enfiler. Elle, c’est Baddie Winkle. Elle a 87 ans et ne fait rien comme les autres grands-mères. En un peu plus d’un an, cette Américaine est devenue un véritable phénomène. Les marques se l’arrachent pour qu’elle s’affiche avec leurs robes ou accessoires sur Internet et les réseaux sociaux. La sulfureuse chanteuse Miley Cyrus l’a invitée aux derniers MTV Video Music Awards – les Oscar des clips musicaux. On l’a aussi vue se déhancher en fuseau et pull aux rayures fluo au milieu de jeunes surexcités en mars au festival de musique et d’art Buku Project à La Nouvelle-Orléans.

Pourquoi un tel engouement ? Parce qu’elle est cool, mamy Winkle. Elle n’hésite pas à se mettre en scène des compensées rose bonbon ou arc-en-ciel aux pieds, des lunettes psychédéliques sur le nez ou en maillot de bain à cheval sur un cygne gonflable géant. Sans craindre le ridicule. « Je n’ai jamais aimé les vêtements pour vieilles dames. Et je n’en ai jamais portés, s’est défendue l’octogénaire dans une interview vidéo publiée sur le site Refinery29. (…) J’adorerais être un modèle pour les seniors. On n’a qu’une vie, alors autant s’amuser. »

Comment en est-elle arrivée là ? On aurait bien aimé lui poser la question directement, mais Mrs. Winkle est désormais tellement populaire que son entourage monnaie ses interviews et ses apparitions publiques. Sa petite-fille Dawn gère ses relations publiques, son arrière petite-fille Kennedy ses looks. Elle publie aussi et commente ses photos sur les réseaux sociaux. Selon la légende officielle, Kennedy a surpris son arrière-grand-mère en T-shirt arc-en-ciel et chaussettes floquées de feuilles de cannabis rose fuchsia par un bel après-midi d’avril 2014. Ça l’a tellement épatée qu’elle a aussitôt partagé le cliché sur Instagram. Succès immédiat. Les clics grimpent en flèche à chaque nouvelle publication.

« Baddie Winkle m’a beaucoup aidée, spirituellement du moins », explique l’intéressée à Refinery29. A l’état civil, l’octogénaire s’appelle Helen Van Winkle. Née pendant la Grande dépression dans le Kentucky, un état majoritairement agricole, elle a longtemps vécu dans une ferme, avant de connaître sur le tard les feux des projecteurs. Baddie – « la vilaine » en français – est le nom du personnage virtuel qui lui sert d’exutoire. Pour oublier la douleur d’avoir perdu son mari en 1983, puis son fils seize ans plus tard. A-t-elle conscience du décalage entre les poses qu’elle adopte et son âge ? On en doute un peu, même si elle semble y prendre un malin plaisir.

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